Bibliothèque de Tokyo-Tokyo-11h38
L'année dernière quand Ayumi était encore au lycée, cette bibliothèque était son seul recueil, son coin de paradis, un endroit où le reste du monde n'existait plus, juste les histoires imaginaires ou vécus des romans ou les encyclopédies illustrées.
Du haut de ses 19 ans, Ayumi n'avait jamais eu de relation amoureuse, grâce aux romans de comédie et drame romantique, qu'elle engloutissait comme des nouilles sautées, elle avait une vague idée de ce que pouvait être l'amour passionné et les sentiments qui s'en accompagne ; elle s'en servait pour imaginer des histoires dont elle était l'héroïne et où « le prince charmant » était Yuya.
Tout en vagabondant dans les rayonnages remplient de livres, elle pensait à l'homme qu'elle croyait aimer, sans penser à ses pieds et à l'endroit où elle les plaçait.
Elle avait les bras chargés de bouquins, et marchait mollement, le regard dans le flou en direction de sa table d'étude quand soudain elle laissa glisser ses livres sur les pieds d'un jeune homme qui hurla de douleur.
Ayumi (paniquée) : oh ! Excusez-moi, je suis vraiment désolée !
Le jeune homme était par terre, Ayumi pensant qu'il pleurait s'agenouilla en bafouillant milles excuses.
Ayumi (inquiète) : vous allez bien ?
Jeune homme (en ricanant silencieusement, les yeux vers le bas, ses longs cheveux cachant son visage) : ba à ton avis, je viens de recevoir quatre dicos sur les pieds, tu crois que ca fait du bien ?
Ayumi (au bord des larmes) : non, ...si...si...vous saviez...comme je m'en veux...pardon... !
Il se releva, elle pu alors distinguer les traits fins de son visage angélique. La première réaction d'Ayumi fut de rougir.
Jeune homme : tu as de la chance, je ne suis pas rancunier. (Il rit) Bonjour ! Moi c'est Katou Kazuya ! Et toi ?
Ayumi :...dakadamayumi...
Kazuya : pardon ?
Ayumi : I-ke-da-a-yu-mi !
Kazuya: je n'ai toujours pas compris...
Ayumi (respirant profondément, et cria) : IKEDA AYUMI !
Kazuya : chut !
Ayumi : oh, zut ! Veuillez encore m'excuser !
Kazuya : peux-tu arrêter de me vouvoyez, s'il te plait, c'est très gênant !
Ayumi : oh, pardon ! J'espère que vous ne m'en voulez...je veux dire...que tu ne m'en veux pas de trop ?
Kazuya : non, pas du tout. De te voir t'inquiéter ainsi pour autrui, en l'occurrence moi, montre que tu es une fille généreuse et attentionnée, c'est adorable. Et tu es aussi plutôt maladroite, mais ca n'enlève rien à ton charme.
Elle rougit comme à son habitude et devint aussi rouge que la couverture du roman que tenait Kazuya entre ses mains.
Il ramassa les dictionnaires qui se trouvaient par terre.
Kazuya : tu viens ?
Elle hocha la tête. Ils marchèrent un instant en silence dans la bibliothèque jusqu'à ce que Kazuya pose les livres d'Ayumi et son roman sur la table où il s'était établit.
Kazuya : assied-toi.
Elle s'exécuta.
Ayumi : merci d'avoir ramassé mes bouquins...
Kazuya : de rien ! Qu'est ce que tu vas faire avec tout ça ?
Ayumi : des révisions pour un examen.
Kazuya : ok ! Tu veux que je t'aide, je n'ai pas grand-chose à faire aujourd'hui...
Ayumi : oh, merci ! C'est gentil de proposer, mais la seule matière où j'ai vraiment du mal n'est pas intellectuelle.
Kazuya : ah ? (Curieux) C'est quoi ?
Ayumi (sur un ton abattu) : de la danse.
Kazuya (enthousiaste) : ah quel has...
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase, la sonnerie de son téléphone portable résonna dans la bibliothèque.
Kazuya : MERDE !
Il répondit en chuchotant.
[ Kazuya : Allô !
SILENCE
Kazuya : ah oui ?
SILENCE
Kazuya : très bien, j'arrive tout de suite. ]
Kazuya : je dois y aller, je suis désolé, on risque de se revoir alors je te dis à très bientôt !
Il prit son livre puis partit immédiatement.
PAUSE
« Hein ? Comment ça on va se revoir ? Il a cru que Tokyo s'était Fontenay sous Bois ou quoi ? N'empêche il m'a dit que j'étais adorable, enfin que mon attitude l'était, oh c'est la même chose, et aussi que j'avais un charme. Et puis qu'est ce qu'il est beau, je me suis noyée dans ses yeux ; y'a un souci dans le biniou là, un pur canon est super gentil et amical avec moi, puis il me fait des compliments, et me dit que l'on risque de se revoir ; soit il a picolé, ou il a fumé de l'herbe, ou alors il est tombé sur la tête et le cerveau est gravement atteint ou mieux encore qu'il soit gay... ».
LECTURE
Après ces quelques minutes de réflexion intensive, elle se mit enfin au boulot.